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Publiée le vendredi 1 janvier 2010
Yanick et moi sommes officiellement un couple infertile depuis février 2005. Comment s’est fait l’annonce? Mon gynécologue m’a appris par téléphone que Yanick est azoospermique, ce qui veut dire qu’il ne produit pas de spermatozoïde. Qui doit lui annoncer quand il arrivera pour venir diner à la maison? Moi. Ce fut le pire jour de ma vie.
Notre histoire d’amour a commencé en octobre 2001. Nous nous sommes rencontrés dans le gymnase du CHRDL, lors d’une activité de volleyball. En avril 2002, j’emménage avec Yanick dans son appartement et en juillet 2002, je cesse la pilule contraceptive, car nous avons comme projet de fonder une famille. La fin 2002 approche, 2003, 2004. Toujours rien. Déjà 3 ans ont passé et nous ne sommes pas encore d’heureux parents. C’est alors qu’en 2004, mon gynécologue m’envoie passer des test. Prise de sang pour Yanick et moi, toujours rien. Par contre, mon gynécologue me dit que j’ai un débalancement d’hormones, ce qui peut être la cause de notre infertilité. Je repars de son bureau avec la culpabilité de nos échecs sur les épaules. Peu après, Yanick va passer une échographie des testicules, ainsi qu’un spermogramme. L’échographie démontre que les testicules ne possèdent pas la couche qui produit les spermatozoïdes. Le spermogramme, quant à lui, indique également qu’il y a absence de spermatozoïde. Le résultat est alors inévitable et sans appel; Yanick est stérile. Notre médecin de famille qui a reçu également les résultats du spermogramme et de la radiographie suggère d’aller consulter un urologue au CHRDL. Le Dr Sajous, un homme empathique et à l’écoute de notre situation annonce à mon conjoint qu’il n’y a aucune possibilité de retour, qu’aucune biopsie n’est possible pour permettre de créer la vie et que mon conjoint fait partie d’une personne sur 100 000 qui vit la même situation. C’est alors qu’il nous a parlé des alternatives, soit l’adoption ou l’insémination artificielle avec donneur. C’est avec ces 2 choix que nous sommes retournés à la maison. Peu après, Yanick m’a offert la possibilité de refaire ma vie afin de pouvoir vivre un projet parental de façon dite « normale », choix que j’ai refusé sans hésitation. Pour moi, l’homme que je souhaitais pour père de mes enfants était Yanick…
De février 2005 à avril 2006, j’ai fait mon possible pour permettre à Yanick de vivre son deuil. Par contre, dès lors, une distance s’est créée entre nous et cette distance se nomme la SOUFFRANCE. Nous avons également fait le choix d’en aviser notre entourage, que ce soit familles et amis. Les réactions furent différentes les unes des autres. Nous avons vécu beaucoup d’incompréhension, de déni et de sympathie de leur part. C’est alors que nous avons compris que cette souffrance ne se partageait pas, mais qu’elle se vivait simplement entre nous, au quotidien.
Début 2006, nous avons entamé le processus de l’Insémination Artificielle avec Donneur. Nous avons rencontré un médecin de la Clinique Procréa qui nous a expliqué ce qui nous attendait. Par la suite, il nous a fait rencontrer une infirmière qui a pris en note les caractéristiques de Yanick, ainsi que les miennes, afin de trouver un ou des donneurs compatibles avec nos caractéristiques. Peu après, nous avons rencontré la psychologue de la clinique, qui devait déterminer si nous étions prêt à débuter les traitements. Et c’est en mai 2006 que nous avons vécu notre première IAD.
Mai-juin-juillet 2006 non-fructueux, donc étant donné que nous étions rendus à 3 mois d’essais, nous avons changé de donneur. Juillet-août-septembre 2006, toujours sans résultat. Je commence à flancher, autant dans ma vie personnelle que professionnelle. Être 2 semaines dans l’attente et 2 semaines dans la déception ne me faisait plus. C’est pourquoi qu’en octobre et novembre 2006, Yanick a pris la décision de prendre un peu de recul. Nous avions investis jusqu’à 4000$ dans l’espoir d’un résultat, mais ce résultat ne venait pas. J’étais sur le bord d’une dépression, il fallait que quelqu’un arrête tout et c’est Yanick qui a eu le courage de le faire.
Nous avons recommencé les IAD en décembre 2006, et ce avec un troisième donneur. Par contre, les IAD de janvier 2010 ont porté fruit! Ma réaction? Je n’y croyais pas. C’est Yanick qui a regardé le résultat du test de grossesse, car dieu sait que j’en ai passé des tests de grossesse. J’étais certaine qu’il me jouait un tour et je lui disais d’arrêter de me niaiser. J’étais complètement déconnectée. Le 18 janvier 2007, deux jours avant le 34e anniversaire de naissance de Yanick, le test était POSITIF, nous avions enfin la chance de devenir parents!
Le 28 septembre 2007, à 20h09, est né Alexandre, 8 lbs et 10 oz, mesurant 21 pouces et en santé. Wow! Quelle belle réussite! Mais cette joie cachait une douleur encore inconnu pour Yanick….
Yanick est retourné à la maison 2 heures après mon accouchement. Nous ne sommes jamais vraiment revenus en profondeur sur cette situation. La distance entamée en février 2005 s’est poursuivie jusqu’en mars 2009, moment où j’ai décidé de mettre fin à notre relation. Avec les années, la distance est devenue un fossé et la communication était devenue très difficile. Nous étouffions chacun de notre coté. Le sujet de l’infertilité n’était plus abordé. Je ne voulais pas lui en parler pour ne pas raviver son sentiment de culpabilité. De son coté, il ne voulait pas m’en parler, car il se sentait coupable d’être partie après l’accouchement. Il se demandait également s’il avait fait les bons choix? J’ai donc quitté la maison en début mai 2009.
Il faut cependant noter que la séparation n’est pas principalement dû à l’infertilité, mais qu’elle a été un facteur aggravant.Aujourd’hui, 01 décembre 2009, je suis de retour dans mon chez moi avec Yanick et Alexandre. Nous sommes en thérapie de couple, depuis peu, pour en venir à une communication saine et satisfaisante pour les deux, mais également pour consolider l’amour qui nous unis. La communication saine dans le couple est l’élément clé lors d’une souffrance profonde telle que l’infertilité. Il est très important de penser à SOI et à NOUS.
Bon courage!
Marilyne